Les dangers de la chirurgie esthétique !
La chirurgie esthétique : est-elle vraiment dangereuse ?
Ce n’est un secret pour personne, depuis quelques années la chirurgie esthétique connaît un boom surprenant, l’exclusivité n’est plus aux célébrités et autres privilégiés : même les revenus moyens y ont accès. Aujourd’hui on peut se faire transformer à crédit !
Certains qualifieront les adeptes du scalpel de mutants narcissiques, d’autres moins extrêmes diront seulement qu’il est facile de se laisser tenter dans une société où le culte de l’apparence est presque devenu un pilier, les initiés diront souvent qu’ils n’ont pas eu le choix. Un complexe, un travail, un amour, ils attendaient tout de leur opération, elle devra leur donner un nouveau départ dans la vie. Même les hommes s’y mettent : ils représenteraient 10 à 25% des clients, et ne sont pas seulement issus de la communauté homosexuelle, les clichés tombent, la société évolue !
Face à un tel engouement le problème est malheureusement évident, trop de personnes se lancent dans la chirurgie esthétique sans y réfléchir suffisamment, la demande explose, les cabinets apparaissent comme fleur au printemps et de nouveaux chirurgiens font leur apparition, parfois peu professionnels et pressés d’accroître leur chiffre d’affaire.
Difficile dans ces conditions pour un intéressé de s’y retrouver ! A qui puis-je vraiment faire confiance ? Combien est-ce que ça va me coûter ? Il paraît que l’étranger vaut vraiment le coup, c’est vrai ? Il n’y a pas d’interlocuteur unique, et rien ne garantira totalement la bonne foi du chirurgien.
Il faut savoir que les honoraires des cabinets sont libres et que plus de 70% des chirurgiens pratiquent des dépassements. La demande ne cessant de croître les prix poursuivent leur envolée, notamment dans le privé où exercent les virtuoses les plus réputés de l’esthétique. Il n’est donc pas surprenant de trouver des écarts de plusieurs centaines voire parfois même de milliers d’euros entre différents devis. Le secteur public est pour sa part plus régulé, les hôpitaux pratiquaient déjà les opérations prises en charge par la sécurité sociale (comme la chirurgie mammaire de réduction et la plastie abdominale après des grossesses multiples) mais face à la demande de plus en plus d’hôpitaux développent leurs services dans le domaine de la chirurgie esthétique : notamment concernant les liftings et les liposuccions.
Pour ne citer que les trois opérations les plus courantes, une prothèse mammaire coûte en moyenne 3000-3500 euros, une liposuccion entre 2300 et 3800 euros, comptez entre 4000 et 5000 euros pour un lifting facial. Le botox ou le collagène sont accessibles pour environ 400-450 euros la séance. En sachant que la plupart des établissements acceptent un règlement à crédit et que dans tous les cas les sociétés de crédits accordent de « petits » prêts sans grandes difficultés, il est donc aisé de comprendre comment la chirurgie a pu s’ouvrir ainsi à toutes les classes sociales et d’où lui vient son essor prodigieux. Sans compter que certains pays, le Maroc et la Tunisie en tête, proposent des voyages organisés de la chirurgie esthétique à des prix incroyablement abordables. Partir dans un hôtel de luxe, au soleil, pour en plus réaliser une opération hors de prix à moindre frais, il faut avouer que certains savent vendre du rêve ! Et pour ceux qui douteraient du professionnalisme à l’étranger, qu’à cela ne tiennent, le célèbre site de réduction groupon.fr vous propose régulièrement des remises allant jusqu’à 70% sur certaines opérations. Une banalisation de l’activité qui en choquera tout de même plus d’un…
Face à une telle ouverture, on ne saurait suffisamment conseiller aux intéressés de prendre le temps de réfléchir, de consulter plusieurs spécialistes et surtout de poser les bonnes questions : renseignez-vous sur la technique opératoire qui sera utilisée, la fréquence à laquelle le chirurgien opère, sa formation, le tarif de l’intervention, son déroulement, ses risques… Car ils sont nombreux et bien souvent dramatiques. Il arrive que le miracle censé rendre la beauté et jusqu’à la vie réelle tourne au véritable cauchemar.
En principe, seuls les médecins dont la qualification est reconnue par le Conseil de l’ordre (chirurgie reconstructrice, réparatrice et esthétique) sont censés opérer, mais dans les faits de plus en plus de voix s’élèvent contre ce même Conseil qui ne prendrait pas les décisions nécessaires et éviterait toute condamnation.
En dehors d’une erreur médicale, il arrive que les patients sortant d’une opération de chirurgie esthétique rejettent parfois le résultat. La transformation établie ne se retire pas comme du maquillage, il y a une dimension définitive qui parfois vire au tragique pour la personne. Des statistiques affirment que le taux de suicide chez les clients ayant eu recours à ce procédé est plus élevé de 70% ! Alarmant ! Il faut reconnaître que ce sont notre corps, notre visage, notre silhouette qui nous définissent, ils représentent une partie de notre identité, retracent notre histoire ; pas facile de s’en démettre. Mais quand un patient arrive en état de détresse dans l’espoir de se voir renaître, le praticien n’est pas toujours capable de crever la bouée auquel il se raccroche. Doit-il vraiment dire à cette femme qu’un lifting ne lui ramènera pas son mari ? A cet homme au chômage qu’une otoplastie (correction des oreilles décollées) ne l’aidera pas forcément à paraître plus crédible lors d’un entretien d’embauche ? Il existe pourtant des psychologues en chirurgie esthétique et un médecin, s’il est consciencieux, conseillera au préalable à son client un petit tour chez ces derniers.
L’erreur technique est la plus recensée dans ce milieu : le chirurgien n’a pas utilisé le bon procédé ou sur les conseils de sa cliente a voulu pousser la transformation trop loin. Pour visualiser quelques exemples, pensons à la célèbre créatrice Donatella Versace qui suite à sa rhinoplastie s’est retrouvée avec un nez complètement aplati, ou encore à Pamela Anderson dont la poitrine en a fait fantasmer plus d’un et qui pourtant fut à un moment difforme et plissée suite à un mauvais choix de prothèses. Bien plus tragiquement, les opérations se pratiquent sous anesthésie c’est pourquoi elles sont si dangereuses, un grand nombre de décès est déploré chaque année.
Cicatrices, défigurations, décès, est-il vraiment raisonnable de risquer ainsi sa vie ? Et pourquoi ? Pour une recherche abstraite de la perfection ? Pour un homme, une femme, un emploi ? Il n’est pas sûr que le jeu en vaille forcément la chandelle …












